Grau singe Aliot

Romain Grau s’est récemment et à plusieurs reprises exprimé sur des questions liées à la sécurité. Si on en fait une lecture politique, on conclura que l’homme se droitise. Nous nous sommes plus particulièrement intéressés à une longue déclaration qu’il a, le 19 juillet, publié sur le site Perpignan2020.

Dans ce texte, Romain Grau se livre à une analyse de l’évolution de la délinquance locale : « La délinquance de 2013 n’est pas celle de 2010 ni celle des émeutes de mai 2005, car les évènements récents signalent un phénomène émergent : en mai, une équipe du Samu recevait un jet de projectiles dans le quartier du Haut-Vernet, en juin, un TGV était caillassé en gare de Perpignan, en juillet, des policiers subissaient le même sort avant d’être secourus par la brigade anti-criminalité, cité Clodion, dans le quartier du Bas-Vernet. Cette typologie de faits, habituelle dans le quartier toulousain du Mirail ou à Vaulx-en-Velin, dans la banlieue de Lyon, est nouvelle à Perpignan, où s’instille une violence en groupe, portée par des individus qui visent des symboles citoyens, prennent confiance et repoussent les limites. »

Reprenons, les uns après les autres, les différents types de faits qui selon Romain Grau produisent une aggravation de la situation perpignanaise et nous rapprochent du quartier toulousain du Mirail et de Vaulx-en-Velin.

« En mai, une équipe du Samu recevait un jet de projectiles dans le quartier du Haut-Vernet. »

Le caillassage de véhicules de secours, de véhicules de police, n’est pas une pratique nouvelle. Cela entraîne d’ailleurs des difficultés à obtenir l’intervention des services de premiers secours, pompiers, Samu, dans plusieurs cités. SOS médecins intervient dans tous les quartiers de la ville, sauf depuis pas mal d’années, à Vernet-Salanque. En 2004, ce n’est pas hier, le procureur de la République avait, dans cette cité, subi un caillassage qui l’avait contraint à faire demi-tour sous protection policière.

« En juin, un TGV était caillassé en gare de Perpignan. »

Ce n’est pas la première fois qu’un TGV est caillassé en gare de Perpignan. Mais le caillassage le plus fréquent vise les bus de la CTPM. Cela a même conduit, et ce n’est pas nouveau, à détourner certaines lignes. Dans le quartier des Baléares, par exemple. Le centre ville n’est pas épargné. En 2011, un bus avec des passagers a été caillassé place de Catalogne et une vitre latérale avait explosé.

« En juillet, des policiers subissaient le même sort avant d’être secourus par la brigade anti-criminalité, cité Clodion, dans le quartier du Bas-Vernet. »

Il y a cinq ans, dix ans, de tels faits se produisaient déjà, ici à Perpignan. Les agressions contre les policiers font fréquemment des blessés dans leurs rangs. Comme « Le 9 août 2010 à 20h35. Les effectifs de la Bac de Perpignan ont été pris à partie par une cinquantaine d’individus qui ont frappé violemment les fonctionnaires de police pour s’opposer à l’interpellation d’une personne. »

Les évènements qui, selon Romain Grau, « signalent un phénomène émergent », ne sont hélas pas nouveau. Romain Grau à certes pendant quelques années été éloigné de Perpignan. Mais de retour depuis 4 ans, comment peut-il, à ce point être ignorant de la réalité perpignanaise ? Une lecture du quotidien local suffirait à l’imprégner du climat de forte délinquance qui règne dans plusieurs grands ensembles de logements sociaux.

Une fois encore, derrière un vocabulaire et des tournures expertes, on voit apparaître un Romain Grau qui manque de sérieux et de rigueur.

On ne peut pas s’empêcher de se demander, c’est si fréquent chez les hommes politiques, si Romain Grau n’instrumentalise pas les faits et une pseudo aggravation de la situation pour justifier sa droitisation. La piste de décollage de l’UDI est un peu courte pour les grandes ambitions de Romain Grau. Il lui faut séduire l’UMP. Et pour cela rien de tel que l’insécurité. Ca doit ravir son ami Daniel Mach et nombre d’élus et de militants, notamment ceux qui regardent de travers ce défroqué de gauche qui s’est converti à l’Alduysme.

En outre, Romain Grau, à l’instar de Louis Aliot, joue la carte de la dramatisation : « Au constat des mutations de la délinquance perpignanaise, les effets de communication nationaux repris par d’apprentis-députés qui découvrent la ville deviennent dangereux, car un niveau d’alerte est franchi. »

Que la situation soit grave, personne ne le contestera. Mais on pourrait attendre des hommes politiques qu’ils proposent des solutions, car il y en a. Mais là, il n’y a plus grand monde. Et surtout pas Romain Grau qui conclut pas ces mots sa déclaration : « Face aux solutions gouvernementales en trompe-l’œil, Perpignan 2020 reconnaît la réalité et défend une coordination locale contre la délinquance, pour que l’autorité publique réagisse plus vite que les voyous du nouveau siècle et que le droit retrouve sa légitimité. » Bla-bla-bla…

Des politiciens qui ne pensent qu’à leur carrière et qui sont obsédés par la prochaine élection nous en avons déjà beaucoup. Les Pyrénées-Orientales ont besoin d’hommes et de femmes, d’élus, qui se coltinent à la réalité, aux vrais problèmes et qui cherchent et proposent des solutions. F.T.

PS : La sécurité sera sans aucun doute au cœur de la campagne des élections municipales. Et face aux assauts démagogiques de Louis Aliot, les autres listes devront apporter des réponses convaincantes. Il est peut-être temps pour certains de découvrir qu’à Perpignan la délinquance atteint des sommets et que les plus gros problèmes de la cité ne se situent pas entre la Loge et la Barre, même si les commerçants ne font plus d’aussi bonnes affaires. En voyant Clotilde Ripoull lancer un débat sur l’esthétique de l’aménagement de la place de Catalogne, on a envie de lui rappeler que Perpignan ne s’arrête pas aux limites du centre ville. Fabrice Thomas

contact : c.politique@orange.fr

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