Couple Aliot-Le Pen : Mediapart dénonce un conflit d’intérêt

Sous le titre, « Marine Le Pen en plein conflit d’intérêts au Parlement européen, Mediapart vient de révéler que : « La présidente du FN salarie depuis deux ans comme assistant à Strasbourg le numéro deux de son parti, à qui elle verse plus de 5 000 euros en brut par mois, pour un temps partiel. Problème, Louis Aliot est aussi son compagnon. »

Le site d’investigation publie le contrat de travail signé à Nanterre le 1 juillet 2011 entre Marine Le Pen et Louis Aliot. Selon ce document, Louis Aliot est rémunéré à hauteur de 5006,95 euros brut pour 17,5 heures par semaine.

Selon les informations recueillies par Mediapart, les services financiers de l’assemblée européenne ont demandé des explications à Marine Le Pen en s’appuyant sur un article du règlement de cette assemblée qui stipule que le crédit mis à la disposition de chaque eurodéputé ne peut pas : « financer les contrats permettant l’emploi ou l’utilisation des services des conjoints des députés ou de leurs partenaires stables non matrimoniaux ».

Les auteurs de l’enquête, Ludovic Lamant et Marine Turchi, font état de la justification de Marine Le Pen qui « refuse de considérer Louis Aliot comme un conjoint ou un partenaire stable non matrimonial ». Louis Aliot se défend avec les mêmes arguments en plaidant le caractère informel de sa relation avec Marine Le Pen. Relation informelle mais bien réelle.

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Les auteurs rappellent que le couple a affiché sa relation dans la presse et ils publient les statuts de la SCI au capital de 500 euros grâce à laquelle le couple a fait l’acquisition d’une maison à Millas. Cette SCI détenue à part égale, montre que Marine Le Pen et Louis Aliot ont un lien financier.

Mediapart ajoute que le parlement européen s’est également intéressé à la rémunération de Florian Philippot, autre assistant parlementaire de Marine Le Pen jusqu’au 30 juin 2012.

Le couple Aliot-Le Pen a manifestement violé le règlement du parlement européen et en particulier l’article 43 qui prohibe le recrutement du conjoint.

Marine Le Pen a réagi à l’article de Mediapart dans un communiqué dans lequel elle tient à informer : « qu’aucune situation de conflit d’intérêt n’existe dans les contrats la liant à ses assistants parlementaires… Les accusations de Mediapart sont évidemment calomnieuses mais pas très étonnantes lorsque l’on sait que, contre le Front National, tout est bon. » Marine Le Pen a annonçé qu’elle engageait une procédure en diffamation contre Mediapart.

La présidente du FN précise que : Le Parlement n’a d’ailleurs pas donné suite après les informations fournies. »

Mediapart a interrogé Gérard Onesta, ancien vice-président du parlement européen qui a déclaré : « Nous ne voulions pas faire la « police des braguettes » – c’est l’expression qui avait été utilisée dans les débats à l’époque. Nous avons donc décidé que l’on renvoyait aux règles légales en vigueur dans le pays dont est originaire l’eurodéputé. » Et les journalistes commentent : « Un flou juridique qui profite au couple Le Pen-Aliot. » Et cela d’autant plus qu’en France, très en retard dans ce domaine, le conflit d’intérêt n’est pas un délit.

On aimerait savoir ce que gagnent les autres attachés parlementaires de Marine Le Pen. Ont-ils comme le mari de la patronne une rémunération de 5 000 euros à mi-temps ou 10 000 euros à plein-temps ? F.T.

contact : c.politique@orange.fr

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