Le Barcarès, Cabestany : oppositions muselées

Au niveau de la commune, les droits et les moyens donnés à l’opposition pour jouer son rôle sont assez limités. Mais c’est encore trop pour certains maires qui se comportent plus en chefs de villages qui se permettent tout, qu’en élus républicains garants de la démocratie.

Au Barcarès, les élus d’opposition étaient depuis des années privés de tribune libre dans le bulletin municipal et de salle pour se réunir. Le groupe d’opposition Le citoyen barcarésien conduit Jean-Louis Disaro, un homme au caractère bien trempé, a contraint le maire UMP, Alain Ferrand à se plier à l’application de la loi. Dans un jugement du 2 juillet, le tribunal administratif lui a donné un mois pour réunir le conseil municipal « afin d’adapter le règlement intérieur sur les modalités d’exercice du droit d’expression des élus n’appartenant pas à la majorité municipale dans le bulletin mensuel “L’Ecoute“ et sur le site internet de la commune. » Et dans le même délai, il « est enjoint au maire de mettre un local commun à la disposition des requérants. » La commune devra en plus verser 1 000 euros au groupe d’opposition. De quoi financer de nombreux tracts pour dénoncer le mode de gestion hyper-clientéliste de la commune.

Le 20 juin à Cabestany, les deux anciens conseillers municipaux de droite ont été refoulés à l’entrée de la conférence de presse lors de laquelle le maire communiste, Jean Vila, présentait son grand projet de parc commercial. Colette Appert et Patrick Sperring avaient quelques minutes plus tôt été avertis par un militant de gauche, « Ne rentrez pas, vous allez vous faire refouler à l’entrée de la salle, ce matin ça balise dur ! » Cette conférence de presse, comme c’est souvent le cas était ouverte à de nombreuses personnes. Précisons que ces deux anciens élus n’ont jamais perturbé une manifestation et qu’ils venaient, comme ils en ont l’habitude, à seule fin de s’informer.

Au conseil municipal de Cabestany, Jean Vila n’a plus d’opposition depuis l’élection municipale de 2010 qui faisait suite à la démission de sa majorité pour protester contre l’intégration de la commune dans l’agglomération Perpignan-Méditerranée. La droite avait décidé de ne pas présenter de liste.

Le Barcarès et Cabestany ne sont hélas pas des exceptions. L’idée pourtant fondamentale selon laquelle les contre-pouvoirs sont indispensables au bon fonctionnement de la démocratie a encore beaucoup de chemin à faire. C’est un combat. Un combat dont les avancées font progresser la société. F.T.

contact : c.politique@orange.fr

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