Basket : grandeur, décadence et polémique

Gros trou dans la caisse du club de basket de Perpignan. L’information est presque banale. Dépenser l’argent qu’ils n’ont pas est la maladie chronique des clubs sportifs professionnels. Et quand à force de creuser ils atteignent le fond, c’est à chaque fois la même histoire, les clubs en difficulté se tournent vers les collectivités territoriales. Et bien souvent les mairies, les agglos, les conseils généraux et les conseils régionaux sont placés devant l’obligation de cracher au bassinet. «Il faut absolument sauver le club ». Et les élus qui ne voleraient pas au secours du club en péril seraient à coup sûr accusé d’être ses fossoyeurs.

Ça devient presque normal. On a pour ça recours à des tas d’artifices. La ville du Mans a récemment sorti 2 millions pour racheter les biens immobiliers du club de foot afin de l’aider à combler son déficit.

Au regard des chiffres rendus publics, pas par le club qui en est avare, les dirigeants de l’équipe féminine de basket ont manifestement pété plus haut que le panier. Dur à reconnaître ? Dans un contexte général de course à l’armement il est sans aucun doute difficile de résister au recrutement de joueuses avec lesquelles le club pouvait espérer jouer dans la cour des grandes.

L’affaire a rapidement pris une tournure politique. Se sentant bien seul dans le marigot des affaires, Christian Bourquin cherche à y entraîner le maire de Perpignan qu’il accuse d’être responsable de l’omerta du club sur ses comptes. Que l’opacité du club éveille les soupçons et parfois les pires se conçoit facilement, mais de là à voir la main de Pujol dans la gestion du club…

On peut, sans prendre beaucoup de risques, annoncer que Bourquin va se casser les dents. Car l’homme qui, depuis plus de quinze ans, gèrent les finances de la ville est carré, rigoureux et en plus très prudent.

La lettre du maire engageant la ville de Perpignan à hauteur de 350 000 euros de subventions exceptionnelles est manifestement un gros bobard. Pujol a, devant la presse, été catégorique en déclarant que le courrier qu’il avait signé « envisageait » le versement d’une subvention exceptionnelle de 50 000 euros, cela pour conforter un club qui a enregistré de bons résultats. Malherbe a, pour le conseil général fait une lettre dont les termes sont très proches. Et le maire a ajouté qu’il ne prendrait pas d’engagement si le club de basket ne faisait pas preuve d’une totale transparence dans la fourniture de ses comptes.

Grâce à son « fusil à deux coups », conseil général et conseil régional, Bourquin avait obtenu que le club féminin auréolé d’un titre de champion de France et d’une place dans l’élite prenne à partir de la prochaine saison le nom de « Perpignan basket 66 l’accent Catalan du basket féminin ». Si le club plonge, ça la fout mal. D’où également, l’ire d’un Bourquin toujours prompt a régler les problèmes en accusant à tort et à travers.

Les dirigeants du club de basket “manquent de chance“ car l’affaire des rifles qui avait éclaté en 2012 et conduit Patrick Esteban, le manager du club, en garde à vue à la PJ devait être jugée le 31 mai. Ce dernier devait comparaitre devant le tribunal correctionnel en compagnie de Camille Morales président du club, Daniel Tur et Mekki Abdelmalek. La justice leur reproche une série de délits liée à l’organisation de rifles à grande échelle, plus près d’une organisation professionnelle du jeu que de l’activité ponctuelle d’une association. Maître Capsié, l’avocat de Patrick Esteban a bataillé dur pour obtenir un renvoi auquel le procureur de la République, Achille Kiriakides, qui était venu en personne, était férocement opposé. Le procès est fixé au 17 septembre à 14 h. F.T.

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