Cumul : F. Gonano interpelle Harlem Désir

Nous n’oublions pas qu’il y a aussi, localement, des militants et des élus qui se prononcent clairement pour la limitation du cumul des mandats. C’est pourquoi nous publions le courrier que Frédéric Gonano, conseiller municipal PS de Perpignan a le 21 février adressé à Harlem Désir, premier secrétaire national du PS.

Cher Premier Secrétaire, Cher Camarade,

Si le non-cumul des mandats semble acquis, sa date d’application agite beaucoup de monde. Et les tergiversations envoient un message d’hésitation alors même que ce devait être le début d’un mouvement vers un vrai renouveau démocratique que le PS porte et doit concrétiser.

Car au-delà du non-cumul, il y a un état d’esprit sur le rapport au pouvoir, sur l’engagement politique, sur l’éthique politique… C’est cet état d’esprit que les militants ont voulu signifier et imposer en votant très majoritairement pour le non-cumul lors du référendum interne. C’est cet état d’esprit qui est, gravement, mis en cause.

Les atermoiements d’aujourd’hui ne montrent qu’une chose aux citoyens : que les élus PS pensent d’abord à eux-mêmes en essayant de reculer au maximum l’application du non-cumul et gagner encore 5 ans de cumul…pour eux-mêmes. Message simplificateur ? Certainement…du moins dans sa généralisation ! Mais qui peut nier qu’il en soit ainsi en matière de communication ?

Le soir des élections législatives déjà, certains tentaient des reculades sur le sujet. Et après les arguments « d’attaches locales indispensables », les trouvailles avancées aujourd’hui pour reculer la date d’application du non-cumul ne sont pas davantage valables. Car si les Sénateurs et Députés PS, aujourd’hui élus, avaient respecté leurs engagements de renoncer à tout exécutif local avant septembre 2012, il n’y aurait pas le risque de démissions nombreuses au Parlement. Il suffirait, en outre, d’inclure dans la loi l’éventuel remplacement par le/la suppléant(e), pour que ce problème n’en soit plus un.

Nous sommes en train de perdre ce volontarisme éthique que nous clamions et réclamions quand nous étions dans l’opposition et que nous avons commencé à initier depuis mai 2012.

Par conséquent, je tenais, cher camarade, à t’informer :

– de mon soutien le plus total dans ta position pour une application du non-cumul des mandats dès 2014 ;
– de ma volonté, si d’aventure le non-cumul était repoussé à une date ultérieure, de démissionner définitivement du Parti Socialiste dès l’annonce officielle d’une telle position gouvernementale.

Conscient de mon poids tout relatif de « simple » conseiller municipal d’opposition à Perpignan, mais attaché aux principes qui m’ont fait prendre la carte du Parti Socialiste et aucune autre, je t’adresse mes sincères et amicales salutations socialistes.

Frédéric GONANO
Conseiller Municipal de Perpignan

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