Concours de bêtise

Les médias font spectacle de tout. Et ils font bien sûr plus facilement du spectacle avec de la bêtise qu’avec de l’intelligence. Avec de l’obscurantisme qu’avec de la connaissance. On a assisté pendant quelques jours à un gigantesque concours de débilité entièrement orchestré par les médias et principalement par les grandes chaînes de télé et la presse régionale.

Malepire ne s’est pas donné la peine d’aller traquer l’hurluberlu à Bugarrach. Il a de son bureau, demandé à nombre d’acteurs politiques, économiques et sociaux « où ils seraient pour la fin du monde ». Et ça a marché. Une bonne trentaine ont répondu.

Parmi les politiques, félicitons, tous ceux qui n’ont pas alimenté cette couillonade : Louis Aliot, Jean Codognès, Daniel Mach,  Jean-Marc Pujol…

Au ridicule de leur participation, certains ont cru bon d’ajouter celui  de leur déclaration.

Ségolène Neuville, député PS a répondu qu’elle serait « Sur le terrain sur ma circonscription, comme d’habitude ! ». Arrêtons-nous sur le sens de cette phrase. Que veut-elle dire ? C’est quoi, c’est où, le terrain ? Ségolène Neuville passe d’abord plusieurs jours par semaine à Paris, à l’Assemblée Nationale. Ce qui est bien normal pour un député. La copine de Bourquin a utilisé un cliché populiste pour donner d’elle l’image d’une élue de proximité en prise avec le concret, en contact avec le quotidien des gens. De la pure rhétorique politicienne.

La réponse de Romain Grau, est pas mal non plus : « Le matin, je serai à mon cabinet où je reçois des clients ; l’après-midi à l’Agglo où j’accueillerai trois chefs d’entreprise pour discuter de leur éventuelle implantation sur le territoire de PMCA dans le cadre de ma délégation aux affaires économiques ». Il faut qu’il arrête ! Avec ses trois rendez-vous par jour avec des chefs d’entreprise qui veulent s’installer ici, on est arrivé à une situation intenable. Il n’y a plus assez de place pour les accueillir et on manque à présent de main d’œuvre. Les P-O sont en situation de suremploi, ce qui contraint certains d’entre nous à occuper plusieurs fonctions. Comme ce pauvre François Calvet, 8 h à la mairie du Soler, 8 h à la vice-présidence de l’agglo et 8 h au Sénat. Il y a un scandale encore plus grave que personne ne dénonce. Tous ces vieux qu’on oblige à travailler. Comme Pierre Aylagas, maire d’Argelès, président de la communauté de communes et député. Le cas qui nous inquiète le plus est celui de Jean-Paul Alduy. Il est de plus en plus question de l’obliger à devenir député européen UDI en 2015, à 73 ans. C’est inhumain !

Heureusement que nos hommes politiques sont d’énormes bosseurs !

Comme Christian Bourquin qui répond : « Au boulot ! A la Région, je serai ! ». On n’avait pas imaginé une seconde que super-bosseur puisse être en RTT. La réalité est quelque peut différente. C’est la première fois qu’il y a à la tête de la région un président aussi peu impliqué. Résultat, c’est l’appareil administratif qui gère le conseil régional.

Dans le style boursouflé, Maïté Sanchez-Schmid n’est pas la dernière : « A ma permanence parlementaire, à Perpignan. J’ai encore du travail. L’Europe n’attend pas ! ».

Quelques élus ont répondu avec légèreté, humour et intelligence comme Jean-Michel Mérieux, qui lui était : « Sur terre, en tirant un gigantesque bras d’honneur à tous les fêlés ! ».

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