Les sympathisants de l’UMP plébiscitent l’interdiction du cumul des mandats

Dans un sondage réalisé par Opinion Way pour Le Figaro (4 octobre), il a été demandé à des sympathisants de l’UMP s’ils étaient « D’accord » ou « Pas d’accord » avec un certain nombre de propositions. 88 % d’entre eux se sont déclarés d’accord avec la proposition, « Il faut interdire le cumul des mandats. »

C’est certainement la seule proposition sur laquelle on arrive à un tel niveau d’accord entre les électeurs de gauche et de droite. De leur côté, les grands élus de gauche et de droite se retrouvent unit dans leur commune opposition.

Voilà une nouvelle illustration du divorce entre les Français et la classe politique.

Localement, il n’y a que deux politiques à s’être clairement prononcés contre le cumul. A droite, Jean-Marc Pujol et à gauche Jacqueline Amiel-Donat qui écrit sur son blog : « Le non-cumul des mandats, c’est remettre la politique et le politique dans son sens premier : un contrat établi avec le citoyen où l’élu s’engage à s’investir pleinement et totalement pendant la durée de son mandat pour défendre et mettre en œuvre les mesures qu’il a soumises à leur suffrage. C’est aussi la déprofessionnalisation du personnel politique, le renouvellement des visions, des approches, des idées. C’est enfin un moyen de lutte contre les clientélismes locaux et les réseaux qui biaisent la vie politique locale et ternissent la démocratie, quand ils ne la bafouent pas. Oui, le non-cumul est une nécessité et une urgence ! Le non-cumul, ce doit être maintenant ! Et c’est l’honneur du Parti Socialiste de l’avoir porté avec force. Et ce sera son honneur et la fierté de ses militants et de ses élus de l’avoir voté et de l’appliquer ! » Un message destiné à des centaines de gros cumulards du PS, dont Pierre Aylagas et Christian Bourquin.

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Ségolène Neuville : c’est dans la poche !

Ségolène Neuville : c’est dans la poche !

A l’ordre du jour de la prochaine commission permanente (sans public et sans journaliste) du conseil général, la location de deux bureaux à Ségolène Neuville à l’hôtel du département, « Pour les besoins de sa nouvelle fonction… »

Ségolène Neuville ne peut-elle pas, comme de nombreux parlementaires, louer des locaux pour y installer sa permanence ?

Ségolène Neuville va payer 3 300 euros de loyer par an, soit 275 euros par mois. Elle devra également s’acquitter de 1 630 euros par an soit 135 euros par mois pour les frais d’entretien des locaux, l’électricité, le téléphone, les prestations administratives, l’informatique etc….

Allez trouver, qui plus est en centre ville, un local de deux pièces avec toutes ces prestations pour 410 euros par mois. Tarif imbattable. Un prix d’ami !

Précisons que le manque de locaux à l’hôtel du département oblige le conseil général à louer des bureaux. Et à un autre tarif que celui consenti à Ségolène Neuville !!

Ce cadeau se justifie d’autant moins que  Ségolène Neuville reçoit chaque mois 6 412 euros de frais de mandat pour faire fonctionner sa permanence. Une enveloppe qui s’ajoute aux 7 100 euros de rémunération, aux 9 138 euros pour payer les collaborateurs du député et au remboursement des billets d’avion.

Cette situation pose un vrai problème éthique. Un député ou un sénateur n’a en effet pas à justifier l’utilisation de l’IRFM (l’indemnité représentative de frais de mandat). S’il ne la dépense pas, elle va dans sa poche. Et cet argent indûment perçu n’est évidemment pas imposable.

Ségolène Neuville illustre magnifiquement l’expression, « En mettre à gauche ».

C’est ça « La République exemplaire » ? 

Répondez madame Neuville !

PS : Elue depuis le mois de juin, Ségolène Neuville n’a toujours pas installé son cabinet parlementaire et le contrat avec le conseil général ne prendra effet que le 1 janvier 2013. Deux questions. Pourquoi la nouvelle députée a-t-elle autant attendu pour installer son cabinet parlementaire ? Quel usage fait-elle des 6 412 euros mensuels de l’IRFM ?

Non cumul des mandats : Bourquin s’y oppose farouchement

 Christian Bourquin est depuis quelques semaines parti  en croisade contre la limitation du cumul des mandats à laquelle les parlementaires du PS doivent à présent se soumettre.

A la mi-septembre, il a tiré la sonnette d’alarme en dénonçant « Le risque de défaire le lien parlementaire élu local ». Bourquin agite le spectre d’un parlement qui ne serait plus composé que d’énarques.

La dénonciation des élites est une vieille recette.

Bourquin est, comme toujours, dans la caricature. Dans le texte massivement approuvé par les militants du PS, il n’est pas question de priver les parlementaires de l’exercice d’un mandat local, il est uniquement prévu de les empêcher de cumuler un mandat de parlementaire avec un exécutif : maire, président de communauté de communes, président de conseil général ou régional.

Bourquin serait bien incapable d’expliquer comment l’application de cette mesure pourrait défaire le lien élu local/parlementaire et favoriser l’élection d’énarques.

Lors d’une seconde offensive, fin septembre, Bourquin a tiré à boulets rouges sur Martine Aubry. Il accuse l’ancienne patronne du PS d’avoir déclenché «un antiparlementarisme ambiant phénoménal » et aussi, « Par vengeance de vouloir déglinguer la gauche ». Rien que ça ! Il est vrai que Martine Aubry est sa bête noire.

Le procureur de la république du tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence qui a dit de Bourquin qu’il était un camelot de foire avait très bien cerné le personnage.

Les élus qui cumulent plusieurs mandats, surtout les plus puissants, les néo-féodaux qui, comme Bourquin, sont à la tête d’un système construit sur le clientélisme, ne veulent rien lâcher. C’était prévisible. Particulièrement de la part de Bourquin qui, depuis longtemps, justifie le cumul des mandats. S’il pouvait, il serait maire de Perpignan, président du conseil général, président de la région et parlementaire. Et il nous expliquerait qu’avec tous ses leviers en main il est plus efficace. Car c’est toujours au nom de l’efficacité qu’il a justifié le cumul.

L’élu qui se consacre totalement à son mandat de sénateur et l’élu qui n’a pas d’autre mandat que celui de président de région est bien plus efficace que ne l’est le cumulard Bourquin. Et pour ne pas être trop désagréable avec le génie de Millas, nous éviterons d’évoquer son efficacité personnelle. De même que sa moralité.

A droite la situation est plus simple car il n’y a pas l’équivalent d’une Martine Aubry et d’un Montebourg. Le non cumul n’est pas à l’ordre du jour.

Mais alors que la quasi-totalité de la classe politique veut continuer de cumuler, les Français sont de plus en plus nombreux à vouloir une loi qui limite le cumul. Moins de 50% il y a dix ans, 90% à présent selon un récent sondage. La démocratie est la seule bonne réponse à la crise politique, l’unique solution pour combler le profond fossé qui sépare les Français de leurs élus.

Ce débat reviendra avec force au début du mois de novembre, quand Lionel Jospin  rendra le rapport de la commission de moralisation de la vie publique.