Les pieds dans la glaise !

Comme son seigneur et maître Christian Bourquin, Jacques Cresta défend le cumul d’un mandat parlementaire avec un mandat exécutif (maire, président de communauté de communes, président de conseil général ou régional). Il utilise pour cela une formule haute en couleur, « Il faut avoir les pieds dans la glaise et la tête dans les étoiles ». Phrase qu’il attribue à Georges Frêche. Elle est, en fait, de José Frèches. Celui qui n’était pas encore le romancier qui fabrique des best-sellers ayant pour cadre de la Chine Impériale, occupait alors la place de pdg de Midi-Libre. Sa saillie avait, en 2000, suscité quelques commentaires ironiques. Les propos du très hautain patron du groupe de presse régional pouvaient laisser penser que, pour lui, quitter Paris pour s’installer à Montpellier s’était aller mettre les pieds dans la boue.

Jacques Cresta est content de sa trouvaille. Il faut l’entendre la sortir avec son accent un rien ouvrier des faubourgs. Faute de pouvoir publier une photo du député les deux pieds dans la boue, le site internet qui sert la soupe aux socialistes nous montre Jacques Cresta en discussion avec un artisan mécanicien du Bas-Vernet en tenue de travail. Style, Jacques Cresta met les mains dans le cambouis. Mettre les mains dans le cambouis, voilà une autre formule que nos politiques affectionnent.

Tout ça, direz-vous, c’est du populisme ! C’est de la démagogie !

Le quotidien du député et son chèque de fin de mois n’ont rien à voir avec ceux des personnes qui mettent les pieds dans la boue et qui font des métiers où l’on se salit les mains. Toute la journée. Ils ne font pas semblant le temps d’une photo. Alors un peu de respect pour eux ! Fabrice Thomas

Publicités