Site classé des Bouillouses : une gestion calamiteuse !

Vous n’avez pas pu échapper aux discours et articles d’autosatisfaction du conseil général sur sa gestion du site classé des Bouillouses. Petit rappel pour ceux à qui ce serait rentré dans une oreille et sorti par l’autre. Depuis 2000, en juillet et août, la route (10 km) qui va du Pla de Barrès au barrage des Bouillouses est fermée à la circulation à partir de 7 h du matin. Après, on accède au site en empruntant la navette (un bus). Mesures, nous dit-on, prises pour faire face à la sur-fréquentation du site et aux importantes dégradations du milieu naturel qu’elle entrainait.

Petit extrait du texte de présentation signé Hermeline Malherbe que l’on trouve dans la brochure massivement diffusé dans les offices de tourisme et les sites touristiques des P-O : « Le conseil général des Pyrénées-Orientales vous invite à découvrir ce site extraordinaire des lacs des Bouillouses. Nous nous efforçons de préserver les diverses richesses de notre patrimoine catalan et ceci dans le cadre du plan de régulation de la fréquentation touristiques des sites classés. Ce projet innovant de protection de l’environnement, initié par Christian Bourquin et aujourd’hui reconnu par l’ensemble des usagers, est reconnu nationalement. »

Ca c’est le discours.

Qu’en est-il dans la réalité ?

Dans la première navette à qui part à 7 h du Pla de Barrès, il n’y a que quelques personnes, des randonneurs qui savent qu’il faut démarrer tôt, surtout en été. Même chose dans celle qui part 15 minutes plus tard. La foule arrive à partir de 10 h. Il y a tant de monde que plusieurs bus partent en même temps. Ce sont des centaines et des centaines de personnes qui vont, en quelques heures, débarquer aux Bouillouses. La fréquentation quotidienne de la navette (5 euros l’A-R) tourne autour de 1 000 personnes et va jusqu’à 1 500. Tout ces touristes déboulent en même temps sur les sentiers de randonnée. On assiste à un effet troupeau. Les gens marchent en dehors des chemins et piétinent la flore. Il y a manifestement sur-fréquentation. Et une sur-fréquentation recherchée.

Tout ce monde, en grande majorité des touristes, est en effet attiré par l’importante campagne de publicité estivale du conseil général : prospectus, affiches, annonces publicitaires dans la presse.

Où est la « régulation » ?

Où est la « gestion durable » ?

Sans compter toutes les voitures qui montent avant la fermeture de la route. Résultat, là-haut, il n’y en a jamais moins d’une centaine.

Depuis dix ans, Christian Bourquin emploie toujours la même formule ronflante pour définir l’opération mise en place aux Bouillouses,  «c’est de l’écologie républicaine ». L’association de la protection de l’environnement et de l’ouverture au plus grand nombre. 

C’est en fait du tourisme de masse qui se pare de discours environnementaux.

La protection de ce site exceptionnel et sensible n’est pas forcément incompatible avec une fréquentation importante (mais moins qu’elle ne l’est).

Ne faudrait-il pas sensibiliser et associer les visiteurs à la protection du site ?

Par exemple au moyen d’un enregistrement sonore diffusé pendant le voyage en bus.

En installant des panneaux qui donnent des informations sur la faune, sur la flore, le paysage. Cela inciterait les visiteurs à avoir une conduite respectueuse de l’environnement et donnerait de l’intérêt à leur promenade. En aménageant un ou plusieurs sentiers de découverte.

Il faudrait aussi que l’information du conseil général prépare les touristes à ce séjour à 2 000 mètres d’altitude. On croise des personnes qui marchent en plein soleil, parfois avec des bébés et des enfants en bas-âge qui souffrent manifestement de la grande chaleur, sans un chapeau sur la tête, qui marchent en direction de l’orage, qui n’ont pas d’eau ou une bouteille pour plusieurs personnes, qui n’ont pas de vêtements chaud alors qu’à cette altitude la température peut rapidement chuter de 10 ou 20 degrés… Une jeune femme qui a fait la saison dans le bureau d’information du conseil général nous a dit qu’elle voyait chaque jour des dizaines de personnes imprudentes qui n’avaient pas le minimum d’équipement.

Le pire, si on peut dire, c’est que dans un site autant fréquenté, il n’y ait pas de gardes.

Si il y en avait eu, ils auraient peut être vu la fumée du barbecue du couple de campeurs de Lyon et ils seraient intervenus avant l’incendie qui a mobilisé une centaine de pompiers, une douzaine de canadairs et qui a détruit 80 hectares.

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