Louis Aliot perd sa place de numéro 2 du FN

Dans un communiqué de presse diffusé le 12 juillet, le Front National annonce la nouvelle composition de son bureau exécutif. Florian Philippot y fait son entrée en devenant vice-président chargé de la stratégie et de la communication. Et Louis Aliot qui était depuis le dernier congrès, en 2011, vice-président chargé du projet, devient vice-président chargé de la formation et des manifestations.

La stratégie et la communication sont deux secteurs d’activité qui ont bien plus de poids et de prestige que la formation et les manifestations.

Qu’un parti qui rejette l’élite avec tant de virulence place un énarque à de si hautes responsabilités n’est qu’une incohérence de plus. Avec le FN on est habitué.

Enarque et Gaulliste. Dans le livre de Marine le Pen, Pour que vive la France, la tête pensante du FN qui est l’auteur de ce bouquin, expose la nouvelle doctrine du FN en faisant de nombreuses fois et tout au long du livre, référence à de Gaulle. Louis Aliot, qui comme tous les militants d’extrême-droite a été formé dans la haine du général de Gaulle a du s’étrangler en le lisant. Et c’est ce gaulliste qui lui prend sa place de numéro 2. Ce doit être dur à digérer.

Il en va ainsi dans les directions de tous les partis. Les luttes d’influence y  sont incessantes et sans pitié. Qui le sait mieux que Louis Aliot qui est surnommé Loulou la purge ? Et à ce niveau là de pouvoir, il y a peu de place pour les sentiments.

Les patrons de l’entreprise FN, les Le Pen père et fille, ont de plus bien compris que Philippot avait un profil qui crédibilisait davantage leur parti.

Durant la campagne des élections législatives, Florian Philippot et Louis Aliot étaient les portes paroles du FN. Celui qui a rejoint le parti d’extrême-droite au cours de l’année 2011 s’en est beaucoup mieux sorti. Il a le verbe plus alerte que le compagnon de Marine le Pen qui a une forte tendance à rabâcher des propos trop souvent entendus quand Philippot lui, argumente solidement.

Florian Philippot a manifestement gagné le duel politique et médiatique. Ce n’est pas une bonne nouvelle pour la droite. Avec Marine Le Pen et dans un contexte économique qui leur sera favorable, ils peuvent réussir à installer solidement leur vision dans le paysage politique. Ils considèrent que l’état nation est le seul cadre qui puisse résister à l’ultra-libéralisme et à sa domination qui, à l’UMP et au PS, sont considérés comme une fatalité.

Avec cette stratégie, le FN à un boulevard devant lui. Et la droite ne pourra le contrer qu’en revenant à ses valeurs historiques, en se droitisant, pas en s’extrême-droitisant.

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