Candidats écolos : les faux et les vrais

Sur la première circonscription, les électeurs de sensibilité écologiste auront le choix. Sur les 16 candidats, 4 s’en réclament.

Jean-Paul Tomas est le candidat des Nouveaux Ecologistes du Trèfle soutenu par Le Mouvement Hommes-Animaux-Nature. La dernière apparition de ce mouvement, dans les P-O, remonte aux précédentes élections législatives en 2007. Cette formation basée à Marseille n’a de vocation qu’électorale et elle est depuis de longues années accusée de présenter des candidats à la seule fin de bénéficier de l’aide financière publique accordée aux partis politiques. Le Trèfle a récemment fait parler de lui en passant un accord avec le Parti Radical de Jean-Borloo afin de permettre à ce dernier de bénéficier de l’aide de l’Etat. Une opération  légale mais pas très reluisante. J-P Tomas, avec qui nous ne sommes pas parvenu à établir le contact, ne fait pas campagne. Il ne fait pas le minimum, comme coller une affiche sur les panneaux électoraux qui lui sont réservés.

Pour en savoir plus sur le mic-mac entre le PR et le Trèfle, lire l’intéressant papier de Rue89.

http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/02/10/borloo-reconstitue-son-tresor-de-guerre-avec-des-ecolos-inconnus

 

Personne ne sait à quoi ressemble Hélène Sarraseca, candidate de L’Alliance Ecologiste Indépendante. Habite t-elle les P-O ?  Ce parti créé en 2011 est dirigé par le fameux Jean-Marc Governatori. Pas d’affiche électorale et une profession de foi qui n’est pas personnalisée.

 

Michaël Morant porte les couleurs de Génération Ecologie. Un parti qui a eut ses heures de gloire avec à sa tête Brice Lalonde, dans les années 1990. Dans les P-O, il était animé par Maryse Lapergue et il a été très actif dans plusieurs grands combats environnementaux, le plus médiatisé étant celui des carrières de Vingrau. Allié de JPA, Génération Ecologie a, en 1993, été un des artisans de l’élection d’Alduy fils à la mairie. GE a ensuite périclité et ne c’est jamais relevé. Yves Piétrasanta, vice-président du conseil régional (exclu des Verts en 2008) que Michaël Morant présente comme « le bras droit de Bourquin » a, en 2011, pris la présidence de Génération Ecologie. Dans les P-O, GE est présidé par Michaël Millet, le compagnon de M. Morant. M. Millet est plus connu pour sa participation à l’organisation de concours locaux de miss que comme militant de l’environnement. GE n’a qu’un candidat dans les P-O et on le trouve sur la circonscription où Agnès Langevine, secrétaire régionale des Verts se présente. Hasard ? Inactif, le président départemental de GE est  sorti de son silence en apportant son soutien à José Puig, le sous-marin de Bourquin sur la deuxième circonscription. Voilà qui en dit long.

Des quatre candidatures écologistes, une seule est totalement crédible, c’est celle d’Agnès Langevine d’Europe Ecologie Les Verts. Dans les P-O, ce parti a des militants et des élus. La matière grise n’y manque pas. Comme on a pu en juger lors de différentes réunions thématiques,  comme celle que les Verts avaient consacré au projet de parc éolien dans le Ribéral. Il y a des idées, des propositions et des débats. Une qualité de contenu que l’on retrouve dans le journal de campagne de huit pages qu’a édité Agnès Langevine.

Le propre d’une démocratie est d’ouvrir largement la possibilité de se porter candidat à une élection. Mais c’est aussi d’établir des règles qui limitent les dérives commises en son nom. Si la politique est autant déconsidérée c’est en grande partie parce qu’elle tolère les pratiques qui la discréditent.

La presse qui n’a, hélas, pas meilleure réputation que la politique, gagnerait à jouer son rôle en y regardant de plus près et en étant un acteur de la transparence. En fermant les yeux sur les dérives, elle cautionne le libre exercice de la tromperie  des électeurs.

Avec une bonne information, les faux nez tomberaient vite et les sous-marins couleraient par le fond.

 

PS : Un parti perçoit 1,68 euro par an et par voix sur cinq ans à condition de dépasser le seuil de 1% des suffrages exprimés dans 50 circonscriptions aux législatives.

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