Et si on fixait une limite d’âge pour être candidat à la députation

59 ans et 9 mois. Voilà la moyenne d’âge de l’Assemblée Nationale calculée en mai 2012. Nous avons un des parlements les plus âgés d’Europe.

La pyramide d’âges est éloquente.

30 à 40 ans, 11 députés

40 à 50 ans, 68 députés

60 à 70, 254 députés.

70 à 80 ans, 51 députés

80 à 90 ans, 1

306 députés ont plus de 60 ans. Ce qui signifie que les plus de 60 ans sont majoritaires à l’Assemblée Nationale.

Limiter l’âge pour être candidat est un bon moyen, certes pas suffisant, pour rajeunir l’Assemblée Nationale. Arnaud Montebourg avait proposé que son parti fixe à 67 ans, l’âge limite pour être candidat. Cette proposition, comme beaucoup de celles qu’il a faites pour améliorer le fonctionnement de notre démocratie a soulevé un tollé au PS. Mais elle a eu l’immense mérite d’inscrire cette question dans le débat public.

Ceux qui soulèvent ce genre de question se voient généralement qualifiés de populistes. Nous ne devons pas renoncer à nous préoccuper de l’amélioration du fonctionnement de nos institutions au seul motif que cela contrarierait quelques intérêts.

Sur la base de la proposition de Montebourg, en limitant la candidature à l’âge de 67 ans auquel s’ajoutent les 5 ans de la durée du mandat, il n’y aurait plus de députés de plus de 72 ans. Si elle avait été appliquée en 2007, cette proposition aurait privé 34 députés de la possibilité d’être candidat. 34 sur 559, la proposition Montebourg n’aurait pas eu une grande portée en termes de renouvellement. Elle aurait surtout eu l’immense mérite de fixer une limite d’âge.

Dans les P-O, parmi les candidats en position éligible, 3 ont dépassé 67 ans, Fernand Siré, candidat UMP ; Pierre Aylagas, candidat PS et Jean Vila, candidat PCF-Front de Gauche.

Fernand Siré a eu 67 ans en mars dernier. Pierre Aylagas aura 70 ans au mois de juillet et Jean Vila, le plus âgé des trois fêtera ses 71 ans en décembre prochain.

Comment peut on comme Pierre Aylagas et Jean Vila être arc bouté sur le départ à la retraite à 60 ans et vouloir rester à l’Assemblée National jusqu’à 75 ans pour le premier et 76 ans pour le second ? 15 et 16 ans d’activité en plus. Vila et Aylagas font la démonstration que l’on peut travailler bien au-delà de 60 ans.

Député ne serait-il pas un vrai boulot, fatiguant comme tout travail ?

Ce n’est pas sensé être une sinécure, ni un job à mi-temps.

Il faut dire les choses telles qu’elles sont. Il y a des députés qui travaillent beaucoup. Mais il y en a aussi qui ne font pas grand-chose et mêmes certains qui ne font rien d’autre que de faire le voyage à Paris pendant les sessions parlementaires. Est-ce normal ?

Quel est cet employeur qui permet à ses salariés de dormir pendant le travail ? C’est le peuple. René Marquès en pleine sieste sur les bancs du sénat.

Même avec la progression de l’espérance de vie, un homme qui a passé 70 ans n’a pas autant de vitalité intellectuelle et physique qu’un homme qui a 20 ou 30 ans de moins. La même chose pour une femme. Passer soixante-dix ans on ne peut plus prétendre exercer un rôle important dans quelque activité que ce soit. On nous dira qu’il y a des exceptions. Certes. Mais on n’élabore pas la règle en considérant les cas particuliers.

En 2007, Christian Bourquin a poussé Henri Sicre, qui avait alors 71 ans, vers la sortie, en invoquant la nécessité de rajeunir. Et en 2012, il présente un candidat qui a 70 ans. Et qui, à 70 ans, va être un bleu à l’Assemblée Nationale. Comprendra qui pourra !

La limitation de l’âge de nos députés n’est pas pour demain. La modernisation de nos institutions, locales et nationales non plus. Les français y sont majoritairement favorables, mais la classe politique y est, pas en totalité, mais à une large majorité opposée.

La solution ?

La constitution de la France dit, « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l’exerce par ses représentants et par la voie du référendum ». Si les élus du peuple font obstacle à la volonté populaire, surtout pour fixer les conditions de l’exercice de cette souveraineté, il reste la voie du référendum.

Au peuple, par un vaste mouvement d’opinion, d’exiger un référendum de démocratisation et de moralisation de la vie politique.

Utopie ? Peut-être.

Mais il n’y a que deux voix qui se présentent à notre pays, s’enfoncer plus profondément encore dans une crise politique dont on ne sait pas sur quoi elle débouchera ou en sortir par le haut en réconciliant le peuple avec ses représentants et avec la démocratie. Fabrice Thomas.

 

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