Bayrou : rien qu’un politicien ?

François Bayrou était peut-être le candidat à la présidentielle qui avait le meilleur programme. Il avait en particulier l’immense mérite de s’attaquer à un sujet dont les hommes politiques ne parlent jamais qu’en termes généraux avec tout au plus des déclarations de bonnes intentions jamais suivies d’effets. « Les abuseurs ne combattront pas les abus », écrivait-t-il dans son livre La France Solidaire. Et il ajoutait, « Il faut les contourner. Seul le peuple souverain aura la force d’imposer sa volonté. Elu président de la République, je convoquerai le 10 juin, en même temps que le premier tour des législatives, un référendum de moralisation de la vie publique ».

Pourquoi François Bayrou n’a-t-il pas mis les deux candidats du second tour au pied du mur ? Lui qui déclarait « Cette moralisation de la vie publique dont tout le monde parle depuis trente ans sans que jamais rien ne change, cette moralisation de la vie publique, je considère qu’il est vital pour la France de la conduire maintenant à son terme…  Ainsi, en quatre semaines et un dimanche, nous règlerons et trancherons ces questions qui demeurent insolubles depuis des lustres et des décennies faute de volonté ».

Pourquoi n’a-t-il pas, en prenant l’opinion publique à témoin, conditionné son soutien à l’adoption, par l’un ou l’autre candidat, de son projet de référendum et ses 12 propositions, sans qu’il soit possible d’y changer une virgule ?

L’acceptation ou le refus, par l’un ou l’autre candidat ou par les deux n’aurait pas été sans conséquence.

En cas d’adoption du référendum par Hollande ou Sarkozy, voire par les deux, c’est à François Bayrou que l’on aurait été redevable d’une avancée démocratique majoritairement attendue par les Français.

Les candidats du PS et de l’UMP auraient eu du mal à justifier un refus qui aurait fait de Bayrou l’homme qui se bat pour moderniser et moraliser les institutions.

A l’échelle d’un territoire, ou à l’échelle de la nation, le véritable homme politique, c’est celui qui porte des projets pour améliorer la société et qui fait tout pour qu’ils soient mis en œuvre.  Les autres ne sont que des politiciens uniquement utiles à eux-mêmes.

 

PS : Parmi les 12 propositions:  un gouvernement de moins de 20 ministres, interdiction du cumul des mandats pour les députés dès le mois de juin, délégation de vote supprimée et présence obligatoire des députés pour voter les lois, reconnaissance du vote blanc à toutes les élections, interdiction de retour à la vie publique pour les élus condamnés pour corruption.

Publicités