Statue de Frêche : ce n’est pas au contribuable de payer

La statue d’Arago inaugurée en 1879 à Perpignan a été financée par des dons. La part la plus importante  des 50 000 francs (200 000 euros d’aujourd’hui) qu’il fallait rassembler est sortie de la poche des Catalans. Des milliers de personnes, dans tout le département, ont participé à la souscription. De nombreuses villes de France ont également fait des dons.

Nombre de statues rendant hommages aux grands ont été érigées grâce à des souscriptions. C’est une pratique qui perdure. Ainsi la statue de Gaulle inaugurée en 2000 sur les Champs-Elysées a été financée par une souscription nationale. Mais ce n’est pas toujours le cas. La mairie de Bordeaux  va faire ériger une statue de Jacques Chaban-Delmas. Sans minimiser les mérites de Georges Frêche, l’ancien maire de Bordeaux décédé en 2000, a une stature nettement plus importante. Il s’est d’abord illustré dans la Résistance et en particulier lors de la libération de Paris. Il avait été élevé au grade de général et au titre de Compagnon de la Libération seulement décernés à quelques milliers d’hommes et de femmes. Il a fait une grande carrière politique, comme maire de Bordeaux, ministre, président de l’Assemblée Nationale et premier ministre.

Il s’écoule souvent des années après la mort d’un grand homme avant qu’une statue lui rende hommage. Celle d’Arago a été érigée 26 ans après son décès. Celle du général de Gaulle à Paris, 30 ans après. La postérité a besoin de temps. Il ne sert à rien de lui forcer la main.

Georges Frêche inaugurant la place des Grands hommes, au centre commercial Odysseum à Montpellier en août 2010. Ce fut sa dernière grande apparition publique.

Si la postérité n’est pas pressée, les deux rejetons de Frêche, mort en 2010, eux ne peuvent pas attendre. La carrière politique de Bourquin et Navarro (président et premier vice-président de la région, tous deux sénateurs) est menacée par des problèmes judiciaires. Il leur faut redorer leur blason en récupérant un peu de l’aura du grand homme dont ils se présentent en héritiers.

Mais Bourquin sera toujours Bourquin.  Frêche avec l’intelligence en moins.

Dans ces conditions,ce n’est pas au contribuable de payer la statue de Georges Frêche qui sera, d’ailleurs, érigée devant le futur lycée Georges Frêche. Les socialistes n’ont qu’à faire une souscription pour rassembler les 80 000 euros. Fabrice Thomas

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