Ségolène Neuville : la doublure de Bourquin rate son tournage

Ségolène Neuville a, samedi 28 janvier en fin de matinée, débarqué avec une équipe de tournage sur la place Cassanyes. Candidate socialiste sur la troisième circonscription, où elle remplace Christian Bourquin, dont elle est très proche, Ségolène Neuville faisait sa première apparition sur la place Cassanyes. Une première un peu particulière puisqu’elle venait y tourner son clip de campagne électorale.

Un témoin raconte : « Elle faisait son cinéma, distribution de tracts, serrage de mains, tournée des commerçants quand Olivier Amiel, conseiller municipal d’opposition de Perpignan qui lui est un habitué de la place est allé la saluer. Sans agressivité, mais bien remonté, il s’est permis de lui demander si elle venait capter l’héritage Beffara. Ayant du mal à avaler le caramel, Ségolène Neuville, la conseillère générale du canton de Saint-Martin (première circonscription), n’a pas trouvé les mots pour justifier son parachutage.»

Les déboires de la première dame ne se sont pas arrêtés là. Dans son sillage, un membre de l’équipe de tournage faisait signer des autorisations de droit à l’image. La plupart des personnes l’ont signé sans trop regarder en pensant que c’était pour la télé. Et ce n’est qu’après le départ de la candidate que plusieurs d’entre elles ont compris que l’on allait utiliser leur image dans un clip électoral. Précisons qu’il n’a pas été laissé de double de l’autorisation donnée. En conséquence de quoi la candidate a du recevoir des courriers de « figurants » lui demandant de ne pas utiliser leur image.

Pour les non intiés, Beffara était maire et conseiller général du canton de Millas. Il a organisé sa succession en faveur de son gendre Christian Bourquin qui lui a succédé au poste de conseiller général en 1994 puis dans le fauteuil de maire en 1995. Christian Bourquin, député et président du conseil général contraint par la loi sur le cumul des mandats à abandonner son fauteuil de maire a poursuivi la transmission en famille en installant, en 2001, celle qui était son épouse à la mairie de Millas. Et cela en cachant son intention aux électeurs puisque c’est M. Navarro qui conduisait la liste sur laquelle Damienne Bourquin faisait sa première apparition dans la vie publique.

Ségolène Neuville était sur la place Cassanyes accompagnée de Jean-Louis Chambon, maire de Canohès et conseiller général d’un canton de Saint-Jacques. Lors d’une réunion du conseil général, un élu a entendu ce dernier se plaindre des Gitans qui seraient tout le temps en train de lui demander quelque chose. A qui la faute ? S’il a beaucoup distribué durant la campagne, l’ancien cadre du conseil général où il s’occupait des affaires sociales a aussi beaucoup promis. Une campagne clientéliste qui a payé. Le bureau numéro 10, celui où il y a le plus d’électeurs gitans, a donné son plus haut niveau de participation depuis 30 ans et un gros score au candidat Bourquiniste. L’élection passée, celui qui promettait à chacun de faire quelque chose pour améliorer sa situation ne met plus les pieds à Saint-Jacques.

PS : Jean-Louis Chambon a été entendu par la police judiciaire dans le cadre d’une enquête préliminaire sur ses pratiques électorales dans le quartier Saint-Jacques lors des dernières élections cantonales.

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