perpignan-politique.info : brut, brutal et facho

Publié le 23 février 2012


Lancé en octobre 2011, ce site internet consacré à la politique départementale fait une grande place aux communiqués des partis et aux déclarations des hommes politiques.Donner la parole à tout le monde, d’un bord à l’autre, est le crédo de perpignan-politique.info.

Son rédacteur en chef, Jean Deparis glisse fréquemment des  articles de commentaires.

Les papiers de Jean Deparis, le plus souvent rédigé dans un style qui se veut direct, ne font pas dans la finesse. C’est souvent du brut et du brutal.  L’auteur pratique beaucoup l’indignation. Mais pas du côté de Stéphane Hessel. Plutôt de l’autre côté et complètement de l’autre côté. C’est l’impression que nous laisse quelques mois de lecture. Et c’est parfois d’une violence qui fait froid dans le dos.

Le 18 décembre 2011, un article titre : « A Saint-Cyprien, ça va finir par mal finir pour Del Poso et sa clique de mafieux! »

On y lit : « La prudence est cependant un concept qui n’a plus de sens pour Del Poso à qui nous souhaitons cependant une justice un peu moins expéditive que celle à laquelle a eu « droit » Benito, ou Nicolae, ou d’autres encore! Mais si Del Poso et ses sbires continuent à délirer comme ils le font, c’est ce qui finira par leur arriver !!! »

Quelle violence ! Précisons, pour les lecteurs non avertis, qu’il y a un point commun entre la fin de Bénito Mussolini et celle de Nicolae Ceaucescou. Leurs corps ont été exhibés après leur exécution. Pendue par les pieds, la dépouille de Mussolini fut exposée en public. Celle de Nicolae Ceaucescou, dictateur communiste, fut le soir même montrée à la télévision.

8 février 2012, dans un papier délicatement titré « BHL lance une opération anti Le Pen, et les conneries, il arrête quand de nous les balancer ? », Jean Deparis écrit : « Quand est-ce qu’on comprendra que ce genre de parasite médiatique n’est rien d’autre qu’un parasite et que contre les parasites il y a Baygon vert, ou jaune, ou rouge, ou autre ? Le « Baygon » dans ce cas étant mental, moral, intellectuel, bien entendu! »

L’auteur montre suffisamment de références historiques pour ne pas ignorer à quoi renvoie le fait de traiter un juif de parasite et de vouloir l’exterminer. Mais « bien entendu » l’insecticide, c’est une image rien de plus, ajoute l’auteur. Un procédé que l’on trouve tout le temps sous la plume des polémistes d’extrême-droite et que Jean Deparis nous semble utiliser en initié, comme le 12 février : « Attention, les amis, je suis partout, mais j’écris pas pour « je suis partout »! Faut quand même pas tout confondre. Et c’est encore une autre époque! ».

Une personne n’ayant  pas ses repères à l’extrême-droite pourrait-elle écrire ce genre de phrase ? Pourrait-elle faire de l’esprit avec Je Suis Partout ? Ce journal, véritable organe du fascisme français durant l’occupation nazie avait à sa tête le Perpignanais Robert Brasillach.

Ce ne sont là que quelques exemples puisés dans une production sur laquelle il y a souvent à dire et à redire.

Préparant un article pour présenter le nouveau venu, nous avons pris contact avec Jean Deparis. Concernant son positionnement politique personnel, ses réponses nous ont paru un peu vagues. Interrogé sur ses sympathies pour l’extrême-droite, il a répondu, « pas forcément » et il a ajouté que dans l’équipe de Perpignan Politique Info « Il y  avait toutes les sensibilités ». Mais la signature de Jean Deparis domine une production qui, à l’exception des communiqués et déclarations des politiques ne nous semble pas d’un grand éclectisme.

L’auteur, installé dans les P-O depuis 2006, a 55 ans. En reconversion professionnelle avec ce site internet, Jean Deparis se dit passionné de politique. Il exerçait précédemment dans la finance internationale.

Cela dit Jean Deparis a le droit d’écrire ce qu’il veut, comme nous avons, nous, le droit d’écrire ce que nous pensons de sa prose.

About these ads